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L'appel à la nature

L'appel à la nature

Deux arguments s’entrecroisent lorsqu’on veut nous convaincre qu’un produit « naturel » permettra de guérir quelque chose. Le premier : la science refuse d’étudier l’efficacité de ces produits; le deuxième : c’est naturel, donc ça ne peut pas faire de mal! Les deux arguments sont faux.

La science refuse d’étudier?

Déjà, sur cette page de notre site, on peut trouver un grand nombre de textes du Détecteur de rumeurs et de journalistes de Science-Presse qui ont rapporté des études sur tel ou tel produit, des zéolithes aux huiles essentielles, en passant par la réflexologie et l'homéopathie. Dans certains de ces cas, nos journalistes ont même été confrontés à un grand nombre de recherches autour d’un de ces produits. Ce texte du Détecteur de rumeurs rappelle par exemple que l’intérêt des scientifiques pour le kombucha, à qui on prête toutes sortes de propriétés, remonte au début du 20e siècle. Les résultats sont toujours les mêmes : malheureusement, le kombucha n’est pas une panacée.

Le premier argument est donc faux : il n’existe pas une sorte de « collusion » ou de « complot » par lequel l’ensemble de l’écosystème scientifique refuserait de mener de telles recherches. Au contraire, à travers le monde, il existe dans les universités quantité de chercheurs en médecine, en chimie ou encore en nutrition qui étudient toutes sortes de substances, d’aliments et de plantes. Et le processus est toujours le même : si quelque part dans le monde une de ces recherches montre ne serait-ce qu’une possibilité de guérir quelque chose avec un produit naturel miracle, il y aura inévitablement des investisseurs prêts à mettre de l’argent pour faire des recherches plus approfondies. Et si en bout de ligne, il s’avère que ça marche vraiment, ce sera assurément tôt ou tard commercialisé.

C’est naturel, donc c’est bon

Le deuxième argument, « c’est naturel donc ça ne peut pas faire de mal », est plus pernicieux. Tout d’abord, il est faux de dire que le naturel est sans danger : l’arsenic et l’uranium sont naturels, tout comme le venin des serpents et les bactéries responsables d’une foule de maladies infectieuses. Et il ne vous viendrait sans doute pas à l’esprit de goûter au premier champignon venu dans un sentier près de chez vous!

Mais même une fois qu’on a prouvé —justement grâce aux études— que la substance n’est pas dangereuse, ça ne veut pas dire qu’elle est efficace. Personne ne devrait avoir à payer très cher pour un petit flacon de gélules roses et vertes s’il s’avère que ce n’est pas plus efficace qu’un bon verre d’eau.

À l’évidence, il faut se méfier de laffirmation du vendeur de produits naturels comme quoi « des études ont prouvé que ça marche ». Il arrive hélas souvent que les études n’ont été faites que sur des souris, ce qui n'est absolument pas un gage d'efficacité pour les humains.

De plus, il faut se rappeler que ce n’est pas parce que c’est vendu en pharmacie que c’est efficace. Les médicaments vendus sous prescription, derrière le comptoir, eux, ont fait l’objet d’études sur leur efficacité. Alors que les produits vendus dans le rayon des « produits naturels » n’ont fait l’objet d’études que pour s’assurer qu’ils ne sont pas nocifs. Ils ont été « homologués », mais ce mot veut juste dire qu’ils peuvent être vendus tant qu’ils ne prétendent pas être un médicament (voir notre texte du Détecteur de rumeurs L’homologation, preuve d’efficacité? Faux). Au Canada, c’est aussi le cas de l’homéopathie.

En fait, au Canada, en vertu du Règlement sur les produits de santé naturels, il est interdit aux fabricants d’alléguer qu’un produit guérit ou soigne une maladie, puisqu’ils n’ont pas été « homologués » comme médicament. Mais la lecture de ces règles montre que les fabricants peuvent afficher des prétentions comme « contribue au maintien d’une santé optimale » ou « favorise la fonction hépatique et rénale ». Le consommateur peut donc facilement s’y tromper (lire le texte du Détecteur de rumeurs Produits de santé naturels: des prétentions exagérées? Vrai)

En conclusion, quoi qu’il en soit, l’appel à la nature pour valider le caractère inoffensif d’un produit n’est pas valable et peut, dans certains cas, poser des risques réels pour la santé.


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