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Pour ou contre les placebos?

Pour ou contre les placebos?

Par Kathleen Couillard

Lorsqu’ils évaluent l’efficacité d’un nouveau médicament ou d’un traitement, les scientifiques doivent se méfier de l’effet placebo. Considérés comme des remèdes de charlatans par certains, les placebos pourraient-ils toutefois avoir une utilité?

Qu’est-ce que c’est?

Un placebo est un faux traitement qui procure un soulagement au patient malgré le fait qu’il ne contienne aucun ingrédient actif. La première utilisation d’une telle simulation de remède remonterait au 18e siècle, selon l’Encyclopédie britannica. Un médecin écossais aurait alors donné un placebo à ses patients dans le but non pas de les guérir, mais d’apaiser leur souffrance. Le terme lui-même a toutefois fait son apparition seulement au 20e siècle.

Mais comment une simple pilule de sucre peut-elle avoir un tel effet. Bien sûr, plusieurs maladies ont tendance à diminuer en sévérité avec le temps, soulignait en 2023 le Dr Christopher Labos, un cardiologue à l’Université McGill. Certains symptômes pourraient donc disparaître d’eux-mêmes, avec ou sans traitement.

L’effet placebo serait toutefois plus complexe qu’on le pense, insistaient en 2025 des chercheurs de Chicago dans une revue de la littérature sur le sujet. Les attentes et les perceptions du patient concernant le traitement joueraient pour beaucoup, mais sa relation avec son médecin et le contexte dans lequel il reçoit les soins auraient également une influence. En fait, la prise d’un placebo modifierait l’activité du cerveau en provoquant la sécrétion de neurotransmetteurs comme les endorphines ou la dopamine.

Placebo et essais cliniques

Le simple fait de participer à un essai clinique signifie généralement de meilleurs soins et un suivi plus serré. Pour éviter que cela influence les résultats de l’étude, des placebos sont employés dans ce genre d’expérience depuis les années 1930. De plus, pour s’assurer de la validité de l’expérimentation, ces essais sont généralement réalisés en double aveugle, c’est-à-dire que ni les participants ni les chercheurs ne savent qui a reçu le placebo ou le vrai traitement.

Lorsqu’un traitement n’est pas plus efficace qu’un placebo, on considère habituellement que l’essai clinique est un échec. Le Dr Howard LeWine de l’Université Harvard remarquait toutefois en 2024 que l’effet placebo n’est pas une preuve que le traitement ne fonctionne pas, mais plutôt un signe qu’un mécanisme non pharmacologique pourrait être présent.

L’utilisation généralisée des placebos pourrait même nuire à la recherche clinique parce que ceux-ci ne sont pas de vrais contrôles, proposaient même les chercheurs de Chicago. Dans certains cas, ils peuvent en effet être aussi efficaces qu’un vrai traitement.

Prescrire des placebos?

Selon les chercheurs de Chicago, certains placebos pourraient donc être utiles pour traiter des conditions qui ont une dimension subjective comme la douleur, le Parkinson, la dépression, l’anxiété ou les problèmes de dépendance.

Cela dit, même si un placebo peut améliorer les symptômes, il ne peut pas guérir la maladie. De plus, prescrire un placebo est une entorse aux règles éthiques des médecins puisque cela correspond à mentir à un patient, soulignait le Dr Labos. Enfin, prescrire ces produits n’est pas totalement inoffensif en raison des coûts financiers que cela peut représenter pour le patient. L’idée de prescrire des placebos demeure donc controversée.

Et l’effet nocebo?

L’effet nocebo est l’inverse de l’effet placebo, c’est-à-dire qu’une personne ressent les effets négatifs d’un traitement pourtant inoffensif, expliquaient en 2025 des chercheurs de Sydney en Australie. Cela peut survenir, par exemple, lorsque le médecin énumère les effets secondaires possibles d’un médicament à un patient.

Selon ces auteurs, il pourrait s’agir d’une adaptation de l’évolution pour éviter les menaces et leurs conséquences négatives. Cependant, l’effet nocebo peut s’avérer problématique lorsque vient le temps d’évaluer les risques d’un traitement ou d’une technologie. Ainsi, les personnes qui se disent incommodées par les champs électromagnétiques pourraient être victimes de l’effet nocebo.

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